
12/11/2024
Le Crédit Agricole dans la 1re Guerre mondiale
Sur la photo : les femmes remplacent les hommes mobilisés
Le 11 novembre, jour de commémoration de l’armistice de 1918, est l’occasion de revenir sur l’histoire du Crédit Agricole durant ce conflit.
En 1914, le Crédit Agricole est un organisme encore jeune, les premières caisses régionales datent de 1899. Une commission de répartition des avances de l’État dépendant du ministère de l’Agriculture fixe les grandes orientations jusqu'à la création, en 1920, de son organe central, l’Office national du Crédit Agricole (ancêtre direct de Crédit Agricole S.A.).
Sur les exploitations, des femmes et des hommes âgés ou réformés remplacent les hommes mobilisés, l’investissement, et donc la demande de crédits, chute. De nombreux administrateurs et salariés sont aussi mobilisés, certaines caisses, comme celle de Reims, sont déplacées pour fuir l’avancée des troupes allemandes.
En 1916, le Crédit Agricole se remet en ordre de marche et fonde notamment l’Inspection générale du crédit et des associations agricoles.
L’État s’appuie aussi sur le Crédit Agricole dans divers domaines et notamment pour sa politique productiviste qui vise à soutenir l’effort de guerre : le Crédit Agricole va alors intervenir dans différentes mesures de financement.
D’abord en 1917, dans un « appel à tous les Français et à toutes les Françaises de nos campagnes », différentes personnalités dont les quatre ministres de l’Agriculture qui se sont jusqu’alors succédé dans la Grande Guerre, incitent les Français à produire plus pour soutenir l’effort de guerre. Le Crédit Agricole, en plus de son rôle de prêteur classique à l’agriculture, intervient alors comme financeur de diverses mesures. Pour la première fois, il prête aux communes et aux départements, ainsi qu’aux coopératives, pour des travaux de remise en culture des terres abandonnées à cause des combats. Du fait de l’indisponibilité de la main d’œuvre, cette mesure sera plus efficace une fois la paix revenue.
En 1918, une mesure de plus grande ampleur est prise, le Crédit Agricole est autorisé à accorder des prêts à faible taux à des mutilés de guerre pour l’acquisition, l’aménagement ou la reconstitution d’une petite exploitation.
Pour accompagner les mutilés dans la reprise d’activité, le service de la main d’œuvre du ministère de l’Agriculture et le Crédit Agricole réalisent un support spécifique .
À partir de 1920, le Crédit Agricole peut accorder des prêts aux artisans ruraux et, à partir de 1923, il peut financer les travaux d’électrification des communes rurales. Des mesures qui agissent contre la désertification des campagnes.